Danemark été 2010
Tonder / Mogeltonder 
Jeudi 8 juillet  
 
Il fait gris au réveil. Le temps de déjeuner, de faire les services et hop nous voilà repartis !
Sur la route, nous remarquons que beaucoup de maisons sont équipées de mats pour hisser le drapeau danois. A quelle occasion ? Pour l’instant, rien au bout …
Ces derniers jours, les camping-cars se faisaient rares mais ce matin, nous en croisons quelques-uns : des Allemands, des Danois, des Suédois et des Norvégiens. Pas de Français !  
 
Notre route traverse des champs tirés au cordeau : des céréales, des pommes de terre. De temps à autre à l’entrée d’une propriété, on voit de grosses caisses. Elles contiennent des fruits et des légumes à vendre. Il suffit de choisir et de laisser son obole. 
 
Notre première étape est Tønder. Un grand parking près du château d’eau nous accueille et nous pouvons déjeuner tranquillement. Il fait beau et chaud. Dommage que le stationnement nocturne soit interdit au Danemark car les BTS ne manquent pas et vu le nombre de camping-cars qui circulent, il ne risque pas d’y avoir de concentration ! 
 
Après le repas, nous partons à la découverte de la ville. Le château d’eau construit en 1902 et rénové en 1995 a été intégré dans un complexe de musées d’art.
Nous abordons notre visite par la rue principale où de nombreux commerçants ont sorti leurs bancs. Ce sont les soldes. Rien de bien différent de chez nous si ce ne sont les prix affichés en couronnes qui nous obligent à faire de perpétuelles conversions ! Je vais devenir championne de calcul mental car Gabriel a complètement renoncé à se lancer dans ce genre d’exercice ! J’ai fini par trouver la technique : multiplier par 1,5 et retrancher un chiffre à droite ! Sûrement pas très académique mais cela fonctionne à merveille. 
 
Nous passons à l’OT acheter une horloge de parking. Jusqu’à présent, nous nous sommes débrouillés avec notre disque bleu. La plupart des parkings offrent un stationnement à durée limitée plus ou moins longue selon sa position par rapport au centre ville. Peu sont payants.
Derrière l’OT, nous entrons dans le béguinage. Le silence y est si présent que Gabriel avec ses chiens préfère emprunter un passage discret à la première occasion tandis que j’en profite pour flâner un peu à travers les carrés d’herbe d’où la vue s’échappe sur le clocher de l’église. Rien de comparable avec le béguinage d’Amsterdam mais cela reste quand même un lieu empreint de sérénité comme je les aime.
Je débouche sur la Krist Kirche doté d’un curieux clocher hexagonal. Elle est ouverte et j’en profite pour la visiter.
Pas vraiment à mon goût car la décoration intérieure est de style rococo ! Trop de fioritures, trop chargé, trop … Bref trop de tout sauf de couleurs car la plupart des boiseries sculptées le sont dans un bois sombre.
Par contre l’architecture des maisons de la ville est beaucoup plus esthétique et je me régale avec mon appareil photo. Certains toits à redents rappellent le style néerlandais.
Les façades en briquettes rouge ou peintes sont souvent ornées de rosiers grimpants.
Aux fenêtres, pas de rideaux mais des objets de décoration hétéroclites ou rassemblés par thèmes. Certaines maisons ressemblent presque à un musée ou à une boutique d’objets de décoration. Et comme je n’arrive pas encore à comprendre ce qui est inscrit sur les plaques, je ne suis pas sûre qu’il s’agit toujours de maisons d’habitation.
Certaines portes aussi sont remarquables ; elles sont loin des nôtres, stéréotypées et anonymes.
Et partout le même soin ; c’est propre et rangé ! Et très souvent fleuri. 
Nous terminons la visite par la plus vieille rue, l’Ulgade bordée par des maisons basses colorées et arborant des bow-windows. Le pavage de la rue vient d’être refait et une épaisse couche de sable le recouvre encore. C’est un quartier croquignolet dans lequel j’aurais pu rester de longues heures mais la fine pluie qui tombe par intermittence nous incite à retourner au camping-car avant d’avoir à affronter un déluge !
Auparavant, nous nous arrêtons dans une boulangerie pour acheter notre goûter. Croyant prendre des escargots aux noisettes, je lis sur la caisse enregistreuse le mot «pizza». Prise d’un doute, j’interroge la vendeuse qui me confirme qu’il s’agit bien d’une pâtisserie salée… Tiens, tiens on a déjà vu ceci ailleurs ! Mais cette fois-là, il a fallu attendre le petit déjeuner pour se rendre compte que les petits pains au chocolat étaient en fait des friands à la viande !
Une averse nous surprend juste en arrivant au camping-car et nous en profitons pour goûter au sec !
L’étape suivante n’est pas très éloignée. Il s’agit de Møgeltønder. Le soleil est revenu et n’a pas mis beaucoup de temps pour tout sécher ! 
 
Un grand parking à l’entrée du village accueille Cigalon. Nous prenons la rue centrale et ce qui nous est présenté dans notre guide est bien fade par rapport à ce que nous découvrons ! De chaque côté de la rue pavée s’élèvent des maisonnettes magnifiques.
Bâties en briquettes de couleurs, peintes ou chaulées, certaines sont recouvertes de chaume. Là aussi, des rosiers poussent le long des façades.
Nous aboutissons à l’église St Nicolas du XIIème siècle, entourée de son petit cimetière. C’est l'une des plus grandes du sud du Jutland et son clocher avec sa haute flèche octogonale servait de phare pour les marins dans les marais environnants. En 1680, une rue fut tracée à partir de l’église jusqu’au manoir.
En y pénétrant, on a bien du mal à reconnaître la nef unique, encombrée d’une tribune sur le côté gauche. De style Renaissance, l’ensemble est plus que surchargé et on ne sait plus où regarder.
 
Pendant que je visite l’église, Gabriel s’installe dans le cimetière conçu comme un lieu de promenade. Il fait à nouveau chaud et une petite halte à l’ombre fait du bien. Heureusement que souffle toujours un petit vent, ce qui rend la chaleur supportable. Les chiennes ont soif et les vases coniques mis à disposition à côté des points d’eau font l’affaire, surtout pour Douchka qui boit à tous les râteliers.
Avant de quitter Møgeltønder, nous aurions aimé voir le château de Schakenborg de style baroque, de la fin du XVIIème siècle.  
Propriété depuis 1992, du fils cadet de la reine, le prince Joachim y réside avec son épouse Marie. Malheureusement le manoir et son parc ne sont pas ouvert à la visite !
Pendant onze générations, le château a appartenu à la famille von Schack avant de revenir à la famille royale danoise en 1978.