Danemark été 2010
de Arttrupp à Longstrup
Vendredi 16 juillet 
 
Le vent a fait le ménage avec les nuages. Et nous les services !
Avant de reprendre la route, nous retournons au petit port pour prendre quelques photos avec le soleil.
Arrêt aussi chez le boulanger pour le pain et le dessert de midi. Il vend du gâteau (Kage) « Tour de France » au centimètre ! A part cela son étal présente toutes sortes de gâteaux, très colorés … bien loin de la pâtisserie française ! 
 
Nous traversons la campagne avant d’atteindre la «grande » route et par la route n° 11, nous nous dirigeons vers LØkken. Les aires de repos ne manquent pas mais nous avons envie de déjeuner au bord de l’eau.
A Saltum, arrêt gasoil. Nous constatons que plus nous allons vers le nord, plus le prix du carburant augmente. Ici nous payons le litre 9,48 DK soit 1,32 euros.
Nous nous arrêtons sur la belle plage de sable fin de Løkken, longue d’un kilomètre. Elle sert à la fois de parking et de route pour relier plusieurs stations balnéaires du 15 mai au 15 septembre sur environ 15 km.
Il fait chaud mais le vent rend la chaleur agréable. Il n’y a pas seulement des Danois Ici mais également des Allemands, des Norvégiens, des Suédois et des Néerlandais. Pas de Français …
Malgré le monde, peu de baigneurs. On vient plus pour profiter du soleil, jouer sur la plage, pique-niquer, prendre du bon temps.
Entre dunes et plage de petites cabines de bain serrées les unes contre les autres forment un cordon blanc. Parallèlement, la mer vient s’écraser sur la plage en formant des crêtes d’écume.
Ces petites cabines sont apparues à la fin du XIXème siècle. Au départ, propriété des hôtels, puis depuis 1908, occupées par des particuliers, elles ont fleuri par centaines ce qui a nécessité une réglementation. Beaucoup d’entre elles, assez grandes, étaient équipées et on pouvait y habiter. En raison des problèmes de déchets et d’hygiène qui en résultaient, les nuitées dans les chalets furent interdites dès 1933 et leur nombre limité à 485.  
 
En hiver, elles sont remisées et peuvent être réinstallées sur la plage à partir du 15 mai.
Nous ne nous attardons pas et une fois le repas terminé et les photos prises, nous poursuivons la route jusqu’à l’église de Lyngby, presque entièrement reconstruite en briques blanchies à la chaux. 
On pourrait presque croire qu’il s’agit d’une église médiévale mais elle date en réalité de 1913 comme indiqué sur sa façade.  
L’ancienne église a été déplacée à cette époque vers l’intérieur des terres car la mer était sur le point de l’atteindre. 
Si la nef est en briques, le chœur est construit en blocs de pierre, laissés nus.
Un intérieur très simple où la blancheur des murs fait ressortir la couleur sombre du mobilier.
Derrière l’autel, une fresque de l’étudiante de Joakim Skovgaard, Ernestine Nyrup, dans un encadrement en brique dans la maçonnerie elle-même. Elle représente les femmes au tombeau.
En prenant la direction de Rubjerg Knude, nous apercevons une nouvelle cabane avec la grande croix rouge du drapeau danois. Depuis notre arrivée au Danemark, nous constatons que le « Dannebrog » est partout ! 
Cette fois, on peut acheter des herbes.
Notre but est en vue ! L’accès pour un CC n’est pas très difficile et il est possible de se garer sans problème au pied de la dune, même si sur une partie du trajet, on a du mal à se croiser. Si l’on craint ce passage, un grand parking avec bancs et tables accueille les visiteurs au bord de la grande route. D’ailleurs un Concorde y est stationné.
Pour atteindre le haut de la dune, il ne faut pas avoir peur de grimper et de « patauger » dans le sable. Aucun aménagement ne mène au sommet. Et nous avons la bonne idée d’emmener les chiens avec nous. Avec leurs 4 pattes, ils ont plus de stabilité que nous et nous entraînent inexorablement vers le faîte. Pas évident quand même car de temps en temps l’envie les prend de prendre la tangente ! Un phare se profile à l’horizon.
Notre objectif, c’est avant tout de voir le phare ensablé construit en 1900, sur le point le plus élevé de la falaise, à 60 m au-dessus du niveau de la mer. Le phare lui-même mesure 23 m de haut. 
Il a été allumé pour la dernière fois le 1er août 1968. 
Cent dix ans après sa construction, seul le sommet est encore visible. 
La nature sauvage et les tempêtes d’automne rongent la falaise et le phare s’est progressivement rapproché dangereusement du bord.  
Avec la pression du sable, il est prévu que le phare tombe dans la mer autour de 2023.
De la demeure du gardien dont parle notre guide, il ne reste plus rien et les pierres servent à laisser des messages sur le sable.
Du faîte, une vue à 360°, sans rien qui bouche l’horizon. Du sable à perte de vue, puis la mer. 
Le vent souffle fort et soulève des milliers de grains de sable. Je crains pour nos yeux et ceux des chiennes.
Un dernier regard sur ce phare qui me fascine et nous reprenons la descente, plus facile que la montée. Il suffit de trouver un endroit protégé du vent et se laisser glisser.
Quelques rares fleurs bravent ce milieu sablonneux.
Des nouvelles du phare en 2024 ! 
 
 
 
 
En 2019, il a été décidé de tenter de déplacer le phare et dès le mois d’août 2019, les préparatifs ont commencé pour ce qui allait s’avérer être un événement énorme et tout à fait unique. Pendant huit semaines, le constructeur Kjeld et son équipe se sont préparés au déménagement. Ils ont creusé et déplacé des tonnes de sable. Ils ont creusé les fondations du phare et les ont renforcées avec plusieurs tonnes de fer et de béton. Ils ont éloigné le sable des dunes afin de poser des rails là où le phare roulerait 70 mètres plus loin, vers l’intérieur des terres. 
Finalement, Kjeld et son équipe ont réussi à déplacer le phare, qui a maintenant peut-être encore 30 ans à vivre. 
Si ces travaux pharaoniques vous intéressent, voici deux vidéos. 
 
https://www.youtube.com/watch?time_continue=56&v=t7PL8NK46Cw&embeds_referring_euri=https%3A%2F%2Fauboutdelalorgnettelavietoutsimplement.fr%2F&source_ve_path=Mjg2NjY 
 
https://www.youtube.com/watch?v=WZgKJt3LSN8&embeds_referring_euri=https%3A%2F%2Fauboutdelalorgnettelavietoutsimplement.fr%2F&source_ve_path=OTY3MTQ
Etape suivante : LØngstrup, petite station balnéaire.
Nous en faisons un tour rapide avec une petite incursion sur la plage, juste pour voir les bateaux de pêcheurs couchés sur le sable. Comme il n’y a pas de port, les embarcations viennent s’échouer sur la grève et à la mauvaise saison, les pêcheurs les hissent hors de l’eau grâce à des treuils.
Nous traversons une région boisée avec une végétation méditerranéenne avant d’arriver sur la presqu’île de Skagen.  
 
Comme tous les jours, en fin d’après-midi, nous avons sélectionné notre point de chute du jour. Aujourd’hui ce sera un camping le plus près possible de la pointe de Grenen, point le plus au nord du Danemark. 
 
Il y a beaucoup de circulation et nous croisons de nombreux CC. Sommes-nous en pleins départs de vacances ? Ou est-ce l’endroit le plus touristique du Danemark, hormis la capitale ? 
 
Nous apercevons un moulin avant d’arriver au camping et malgré les 400 emplacements, les places sont rares.  
Ce n’est pas le genre de camping que nous aimons en général mais malgré le nombre de campeurs, l’endroit se révèle charmant et calme.
Nous passons la soirée à surfer et à mettre blog et courrier à jour. 
 
Alors que je m’étais imaginé que le jour tomberait encore plus tard, il n’en est rien. La latitude ? Ou tout simplement le fait que les jours décroissent ? Néanmoins, la nuit ne sera pas plus sombre que les jours précédents.